Mandat à effet posthume et mandat de protection future permettent d’éviter la paralysie de l’exploitation en cas de disparition brutale du chef d’exploitation ou son indisponibilité subie, qu’il s’agisse d’une exploitation individuelle ou d’une société d’exploitation. L’anticipation permet d’assurer la continuité de l’activité et d’éviter aux proches un plus grand désarroi.

En cas de décès brutal du chef d’exploitation ou s’il n’est pas en mesure d’exprimer sa volonté (coma suite à un accident grave par exemple), l’exploitation peut se retrouver paralysée. En effet, seul l’exploitant, en cas d’exploitation individuelle, ou le gérant en cas de société, peut juridiquement et financièrement engager l’entreprise agricole ou viticole. Dans cette situation, les fournisseurs ne pourront plus être payés, les éventuels salariés ne pourront pas percevoir leur salaire, et les commandes de matières premières ne pourront plus être validées. Seule l’anticipation peut permettre d’éviter les désagréments de ces situations.

Le mandat à effet posthume

En cas de décès, le mandat à effet posthume permet de désigner la personne (appelée mandataire) qui sera chargée de gérer les biens (ou une partie des biens) dépendant de la succession, dans l’intérêt des héritiers. La personne désignée n’est pas obligatoirement un héritier. Il peut s’agir d’un tiers, dont le choix est primordial. Cette personne doit en outre avoir toute la confiance de l’exploitant. Il sera possible de désigner plusieurs mandataires, avec des missions bien identifiées pour chacun d’eux.

Le mandataire devra accepter sa mission en intervenant à l’acte. Sa mission ne pourra excéder deux ans, sauf prorogation par décision du juge saisi par un héritier ou le mandataire lui-même. Cela permet d’éviter la dépréciation de l’exploitation, en attendant sa reprise par exemple.

Rôle du mandataire

Le mandataire désigné représente les héritiers et gère l’exploitation pour leur compte. Un soin particulier doit être apporté à la rédaction du mandat en vue d’assurer la sécurité des héritiers. Il sera nécessaire de vérifier, en cas de société, que les statuts ne contredisent pas le contenu du mandat qui deviendrait sans effet.

Les pouvoirs du mandataire seront restreints tant que les héritiers n’auront pas accepté la succession (Code civil, art. 784). Dès que les héritiers auront accepté la succession, le mandataire accomplira les actes de gestion et d’administration commandés par la situation de l’exploitation, pendant la durée de ses fonctions.

Il devra chaque année rendre des comptes aux héritiers.

Forme du mandat

Le mandataire sera désigné dans le mandat à effet posthume, obligatoirement rédigé par un notaire. Le notaire membre de RURANOT, de par ses connaissances approfondies des exploitations agricoles et viticoles, saura vous conseiller et vous proposer des solutions adaptées notamment sur l’étendue des pouvoirs du mandataire.

Le mandat de protection future

Le mandat de protection future permet au chef d’exploitation de désigner par avance un ou plusieurs mandataires chargés non seulement de la protection de sa personne, mais également de la gestion de son exploitation pour le jour où il ne sera plus en état, physique ou mental, de le faire. Ces deux missions peuvent être confiées à deux mandataires différents.

Comment conclure un mandat de protection future ?

Le mandat peut être conclu par acte sous seing privé, établi sur un formulaire spécifique et enregistré au service des impôts.

Le mandat doit contenir précisément les pouvoirs du mandataire. Il sera donc préférable de le faire rédiger par un notaire. Cela permettra également de conférer au mandataire davantage de pouvoirs. Le mandataire devra accepter les pouvoirs qui lui sont conférés en intervenant à l’acte. Autres avantages du mandat de protection future par acte notarié : sa conservation et le contrôle de son exécution. En effet, le notaire doit assurer la conservation des actes qu’il reçoit, pendant 75 ans (100 ans si l’acte concerne un mineur). Il doit également assurer le contrôle de la gestion effectuée par le mandataire : ce dernier devra chaque année rendre compte de sa gestion au notaire qui aura rédigé le mandat. Le notaire qui constate des irrégularités dans la gestion doit saisir le juge des tutelles.

Mise en œuvre du mandat de protection future

Le mandat entre en application seulement lorsque les facultés mentales ou corporelles de l’exploitant l’empêchent d’exprimer sa volonté et que cet état est constaté par un médecin inscrit sur une liste d’experts établie par le procureur de la République.

Le mandataire doit ensuite remettre une copie du mandat avec le certificat médical au Tribunal Judiciaire (ancien Tribunal d’instance) qui apposera son visa. Le mandataire sera alors investi des pouvoirs conférés par le mandat. Sa première mission consistera à établir un inventaire des biens de l’exploitant.

Tant que le mandat n’est pas entré en vigueur, l’exploitant peut le révoquer et le mandataire peut renoncer à sa mission.

N’hésitez pas à en parler à un notaire membre de RURANOT. Il a une bonne connaissance des spécificités de votre activité et sera en mesure de vous apporter tous les conseils utiles à la protection de votre exploitation. Il saura vous accompagner pour rédiger votre mandat à effet posthume ou votre mandat de protection future. Retrouvez les coordonnées du notaire RURANOT le plus proche de chez vous sur notre carte interactive.


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